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Conjoncture et marchés

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Panorama économique

Sur le plan économique, l'année 2017 fera date avec une croissance mondiale qui n'aura jamais été aussi dynamique depuis la phase de reprise qui a suivi la crise financière de 2008/2009. Les anticipations de début d'année étaient modestes, mais tous les économistes ont dû se résoudre à réviser à la hausse leur estimation de croissance, en partie liée à la bonne tenue de l'activité dans les pays émergents, et notamment en Chine. Mais, contrairement aux années précédentes, c'est l'Europe continentale qui a surpris le plus positivement tous les spécialistes.

En effet, la zone euro devrait afficher en 2017 une croissance en progression de 2,3%, bien supérieure aux prévisions de début d'année. Si les bases d'un redressement du rythme des affaires étaient déjà en œuvre depuis 2014 avec les améliorations progressives du marché de l'emploi et de la distribution du crédit, les indicateurs économiques avancés ont pris de la consistance sur ces douze derniers mois. Le phénomène est particulièrement visible à la lecture de l'enquête de décembre publiée par IHS Markit sur le niveau de confiance des patrons d'entreprise. L'indice composite de la zone euro progresse de 1,5 pt à 58 soit un plus haut depuis février 2011. L'indice du secteur manufacturier atteint même un niveau (60,6) inégalé depuis le commencement de la série en 1997 ! Les deux pays les plus importants de la zone euro sont naturellement les principaux contributeurs, comme en témoigne l'indicateur PMI manufacturier de la France qui touche son point le plus haut depuis 17 ans à 59,3 (+1,6 pt).

Le redressement rapide de l'économie française est la plus grande surprise de l'année 2017

Le chef économiste Chris Williamson chez IHS Markit souligne « le redressement rapide de l'économie française est, sans nul doute, la plus grande surprise de l'année 2017 ». Tout aussi rassurant, le sous indicateur des nouvelles commandes enregistre sa plus forte expansion depuis plus de 10 ans, grâce à un raffermissement de la demande sur les marchés mondiaux. Il en découle des pressions supplémentaires sur les capacités de production qui créent des retards de livraison. Cette situation devrait logiquement se traduire par une hausse de l'investissement en 2018 et par la poursuite d'une amélioration du marché de l'emploi. L'évolution de l'indice du climat des affaires en Allemagne (IFO) montre une situation identique Outre-Rhin et des conséquences probablement identiques pour les secteurs liés à l'investissement comme celui des machines et de l'équipement industriel (cf. graphique ci-dessous).

Graphique 1 : Evolution de l'indice IFO (perspectives)
et des investissements en Allemagne.

Les chiffres actuels délivrés par ces indicateurs économiques valident une croissance de l'ordre de 0,8% sur le dernier trimestre de l'année, et confirment ainsi l'optimisme des acteurs économiques observés tout au long de cet exercice. 2018 s'annonce donc sous de bons auspices pour la zone euro, et l'activité devrait croître sur un rythme équivalent à celui de l'année précédente.

Après trois premiers mois délicats début 2017, l'économie américaine s'est remise en « ordre de route », et recommence à progresser sur un rythme proche de +3%. Une évolution satisfaisante qui s'inscrit dans un contexte de maturité du cycle économique, après sept années consécutives de croissance. Par ailleurs, l'activité Outre-Atlantique s'est maintenue malgré l'absence de réformes structurelles mises en place par la Maison Blanche, et a su également résister aux catastrophes naturelles observées dans le sud du pays à la fin de l'été. Sans véritable point de surchauffe (forte hausse des salaires ou surendettement des acteurs économiques), le PIB américain devrait continuer à progresser en 2018, et aucun élément factuel ne permet à ce jour d'anticiper un sensible ralentissement de l'activité, voire une récession à moyen terme. Le scénario idéal, appelé goldilocks (boucles d'or) par les spécialistes qui fait coïncider croissance économique soutenue et faible inflation pourrait donc de nouveau se prolonger. C'est l'hypothèse défendue par Janet Yellen, à l'une de ses dernières conférences à la présidence de la Fed. Pour autant, le pari de ce scénario est loin d'être gagné. En effet, la modération de l'inflation pourrait-elle encore perdurer alors que le taux de chômage devrait passer sous la barre des 4% ? Des pressions salariales pourraient naitre dans un contexte de plein emploi, à un moment ou la déflation importée par la Chine se fait moins sentir. En effet, comme illustré dans le graphique ci-dessous, les prix des produits industriels exportés par la Chine étaient orientés à la baisse depuis 2012. La situation s'est totalement renversée depuis début 2016, et pourrait donc participer à la reflation générale des économies occidentales.

Graphique 2 : Evolution des prix de production en Chine
(source Thomson Reuters & Oddo-BHF).

Marchés Financiers

Alors que l'analyse du bilan approche, l'évolution sur l'exercice 2017 des valeurs européennes s'annonce positive comme attendue. Mais pour autant, la performance des grands indices de l'eurozone laisse « un petit goût » de frustration, à l'image de la déception boursière du mois de novembre. En effet, l'indice eurostoxx50 s'est replié de -2,83% sur le mois, dans un contexte économique et financier qui n'a rarement été aussi porteur. Par ailleurs, la performance annuelle était déjà acquise dès le 8 avril à 3 666,82 (+11,4%). Ce niveau a seulement été dépassé le 1er novembre, juste avant de rechuter ! Pour 2018, il sera compliqué d'aller chercher une revalorisation du marché, dans la mesure où celle-ci ne s'est pas produite en 2017, année favorable d'un point de vue économique, et marquée également par une baisse du risque politique après les élections françaises. L'espoir d'une performance positive entre +8 et +10% des actions européennes, correspondant à la progression attendue des bénéfices sur cet exercice, semble presque devenir un objectif ambitieux.

Outre-Atlantique, les baisses d'impôt devraient se traduire par un surplus de croissance

Outre-Atlantique, le marché est une nouvelle fois surprenant de vitalité, avec un nombre incalculable de records historiques sur tous les pans de la cote. L'indice général S&P 500 affiche une progression de +20% depuis le début d'année, sensiblement supérieure à l'évolution attendue des profits des entreprises (+10%). La fin d'année est marquée par les négociations entre la Maison Blanche et le Congrès afin de valider la réforme fiscale tant attendue. Selon les premiers calculs, les potentielles baisses d'impôt sur les sociétés devraient se traduire par un surplus de croissance de profits de l'ordre de +5%.

On retiendra cependant des marchés américains en 2017 la nouvelle forte hausse des grandes valeurs technologiques. L'indice Nasdaq composite, qui concentre une forte pondération du secteur IT (Information-Technology) progresse de 30% sur les 12 derniers mois, et plus de 500% depuis les points bas de 2009 (cf. graphique 3). Les fameuses valeurs GAFAMI (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, IBM) vont-elles rééditer l'année prochaine l'extraordinaire performance de ces dernières années, malgré des valorisations au-dessus des moyennes historiques ? Le défi reste entier, surtout dans un contexte de normalisation de la politique monétaire.

Graphique 3 - Evolution de l'indice Nasdaq Composite
en base 100 en mars 2009. Source Facset.