XX/XX/2015

Interview Webcam |

Bureaux de représentation : Algérie

Le CIC accompagne les entreprises françaises qui souhaitent se développer sur de nouveaux marchés avec l'appui de ses 40 bureaux de représentation à travers le monde. Nos représentants à l'étranger parlent de leur pays, des tendances du marché, de l'intérêt pour une entreprise française de s'y développer et de leur expérience sur le terrain...

Transcription de la vidéo

La situation économique

Présentation

AM : Bonjour, je suis Ahmed Mostefaoui, je dirige le bureau depuis 2003. Auparavant, j'étais l'un des dirigeants d'une grande entreprise pétrolière en Algérie.

Question 1 : Aujourd'hui quelles sont les grandes tendances du marché algérien ?

AM : l'Algérie dispose aujourd'hui de plus de 200 Mrd$ de réserves, avec un endettement complètement nul, car l'Algérie a remboursé toute sa dette et depuis 2006, elle interdit l'endettement extérieur. L'État français et l'État algérien ont décidé de mettre les entreprises en coopération sur 5 secteurs de l'activité économique : le BTP, l'agro-alimentaire (l'agro-alimentaire français est réputé, comme étant excellent), la santé, l'automobile, et enfin la chimie et la parachimie avec le développement des laboratoires pharmaceutiques.

Les opportunités pour une entreprise française

Question 2 : Selon vous, quel est l'intérêt pour une entreprise française de se développer en Algérie ?

AM : l'Algérie aujourd'hui, est un marché très attractif du point de vue des coûts. C'est un pays rentier, donc l'énergie est beaucoup moins chère qu'ailleurs, la ressource humaine qualifiée est beaucoup moins chère (le SMIC est à 180 €). Les entreprises françaises sont les plus proches du marché algérien. Quand vous partez du port de Marseille aujourd'hui à 8h du matin, vous arrivez à Alger à 8h du matin. Et les produits français sont connus par les Algériens d'une part parce qu'il y a une diaspora algérienne en France, et parce que les Algériens sont branchés sur les télévisions par satellite. Et donc on connaît mieux les programmes de la télévision française que ceux de l'algérienne.

L'accompagnement du bureau de représentation

Question 3 : Comment votre bureau aide-t-il les entreprises françaises à se développer en Algérie ?

AM : Notre travail est d'abord bancaire, on s'occupe des flux bancaires et on aide les clients en Algérie et en France à monter leurs modes de paiement et notamment le CREDOC parce qu'avec le CREDOC, la transaction est sécurisée et donc le risque est pris par la banque, le client n'a pas à s'inquiéter d'autre chose que d'envoyer sa marchandise. Je peux donner un exemple d'une société de l'Ouest français, qui est dans l'isolation thermique, qui a trouvé son bonheur en Algérie grâce au bureau et grâce aux partenaires que nous avons présentés à notre client. Le directeur de l'export fait des voyages tous les deux à trois mois, il prend les commandes et donc ouvre des CREDOCS qui sont envoyés dans vers notre banque. On aide aussi notre client à s'orienter sur le marché. Les clients nous disent en général que là-bas, c'est « juteux » mais c'est dur. Oui, c'est juteux parce qu'il y a beaucoup de ressources et c'est dur parce qu'il y a des procédures, une règlementation très changeante mais le bureau est là justement pour aider les entreprises à développer leur business.

Question 4 : Votre bureau aide également les entreprises françaises à trouver des partenaires sur place, ce qui est important notamment vis-à-vis de la loi algérienne...

AM : La loi prévoit deux catégories d'entreprises : les entreprises qui font du commerce, de la distribution, qui achètent pour revendre, pour elles le CREDOC est complètement obligatoire, et la part algérienne dans le capital doit être au moins de 30%. Pour tous les autres secteurs, la part de capital algérien doit être de 51% au moins et le bureau intervient pour trouver des partenaires fiables, en qui nous avons confiance. Il ne faudrait pas que le client se trompe la première fois de partenaire parce qu'il perdrait du temps et de l'argent.

Le conseil pour bien mener un premier rendez-vous

Question 5 : Au final, quel est votre conseil pour bien mener un premier rendez-vous commercial en Algérie ?

AM : Le conseil que je peux donner aux entrepreneurs français c'est de comprendre aujourd'hui que le marché algérien, qu'il y a une concurrence énorme et que tout le monde est là-bas. Quoique la France garde son rang de premier exportateur vers l'Algérie, et de premier investisseur hors hydrocarbures. D'autre part, il faut faire attention à ne pas parler de prix trop directement ; il faut parler de la qualité du produit, de la qualité de la relation, de la confiance qu'il faut établir et les prix, on verra après, quand on aura fait le tour de la question.

Ahmed Mostefaoui, merci !

AM : (en arabe) La devise de notre banque c'est que le monde bouge, alors venez bouger avec nous en Algérie !

Repères économiques en 2012

  • PIB/habitant : 5 036 $
  • Inflation : 8,9%
  • Taux de chômage : 10%
  • Relation bilatérale avec la France : en 2012, la France est le 1er fournisseur de l'Algérie. Les exportations françaises (6,4 Mds€) vers l'Algérie (14e client de la France) ont ainsi augmenté de 10% par rapport à 2011. Pour les entreprises françaises, l'Algérie est la 3e destination mondiale hors OCDE, la 1ère pour l'ensemble du continent africain (source : Ministère du Commerce Extérieur).
  • Croissance du PIB : 2,5%
  • Exportations : 72 Mrd$
  • Importations : -48 Mrd$
  • Balance commerciale : 24 Mrd$ (12% du PIB)