XX/XX/2015
Grands Comptes Dossiers Importations : mettez un atout dans votre jeu

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Importations : mettez un atout dans votre jeu

Dans une relation importateur-exportateur, les intérêts divergent parfois. L'importateur a intérêt à payer à terme afin de financer son cycle d'exploitation, tandis que l'exportateur cherche à être payé au plus tôt. L'importateur qui apporte la solution permettant de satisfaire les deux parties, dispose d'un atout majeur...

Transcription de la vidéo

Qu'est-ce qu'un FIDOC ?

Jérome Dianne, les entreprises importatrices sont régulièrement confrontées à des fournisseurs qui souhaitent être payés rapidement, voire immédiatement. Que peuvent proposer ces entreprises à leurs fournisseurs ?

JD : En commerce international, une entreprise importatrice et son fournisseur étranger peuvent avoir des intérêts qui semblent a priori divergents. D'un côté, l'importateur a besoin de temps pour financer son cycle d'exploitation : la marchandise doit être acheminée, reçue, éventuellement retraitée, conditionnée, commercialisée, et parfois l'importateur accorde également un délai de paiement à ses propres clients.

D'un autre côté, l'exportateur a besoin d'être réglé le plus rapidement possible. En tant que banquiers, notre rôle est de faciliter ces opérations de commerce international et de mettre de l'huile dans les rouages. Pour cela, nous avons créé FIDOC, qui signifie Financement des opérations documentaires, qui s'appuie sur un crédit documentaire et qui permet à la fois à l'importateur de bénéficier du délai de règlement convenu, qu'il paiera au terme de l'opération prévue, et à l'exportateur d'être payé aussi tôt qu'il est possible, voire être payé immédiatement.

Sébastien Hugel, concrètement le FIDOC, de quoi s'agit-il ?

SH : Concrètement, il s'agit d'inclure, dans un crédit documentaire, une offre que le fournisseur pourra utiliser ou non, selon ses besoins. Si le fournisseur le désire, après expédition de sa marchandise et présentation des documents prévus, il pourra encaisser le paiement immédiatement. Si le fournisseur n'a pas besoin de trésorerie, il ne demande pas le paiement anticipé : il sera payé alors à l'échéance normale, convenue dans le crédit documentaire. Dans tous les cas, la banque ne procèdera au paiement demandé que si les documents présentés sont conformes à ce qui prévu dans l'engagement de paiement.

Les entreprises exportatrices n'ont-elles pas également intérêt à recourir au forfaitage ou à une simple mobilisation de leurs créances auprès de leurs propres banques ?

SH : Suivant le pays exportateur et la situation du marché, une banque étrangère peut proposer à son client exportateur des solutions de financement alternatives au FIDOC ou des solutions locales. Mais le FIDOC va intéresser différents types d'exportateurs : ceux qui sont situées dans des zones où les financements locaux sont supérieurs aux taux en France, c'est le cas de l'Asie, où les taux sont en général nettement supérieurs aux taux français, ceux qui sont dans des pays qui traversent une crise de liquidités, mais aussi les exportateurs qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas mobiliser de lignes supplémentaires auprès de leurs banques, et enfin, ceux pour qui l'importateur prend à sa charge le coût du FIDOC. Mais au-delà de ça, pour l'exportateur, l'opération est transparente. Tout est entrepris par l'importateur, il n'a rien à faire. C'est un avantage sans inconvénient.

La mise en place du FIDOC

Concrètement, comment se passe la mise en œuvre du FIDOC ?

SH : La mise en place du FIDOC est extrêmement simple. À partir de notre service d'ouverture de crédits documentaires sur internet, Trade Services, d'un côté nous convenons avec notre client importateur du taux de financement qui va être proposé, d'un autre côté l'importateur et l'exportateur se mettent d'accord sur qui paye les frais, sur les opérations qui vont être concernées en fonction du montant et du délai de paiement accordé. Une fois que tout cela est défini, nous proposons à notre client importateur les modèles de crédits documentaires. Et à chaque commande, au moment de l'ouverture d'un crédit documentaire l'importateur peut choisir d'inclure cette offre FIDOC ou pas dans le crédit documentaire. Pour le fournisseur, c'est très simple, au moment de présenter les documents, soit il décide de demander explicitement un paiement anticipé, soit il ne demande rien, auquel cas le paiement interviendra à l'échéance initialement prévue dans le crédit documentaire.

Quel exemple pouvez-vous donner pour illustrer l'utilisation du FIDOC ?

JD : Le FIDOC trouve déjà de nombreux cas d'utilisation que nous pratiquons au quotidien, comme cette entreprise que nous connaissons bien et qui importe des meubles d'Asie du Sud-Est, qui sont fabriqués dans une essence rare que l'on ne trouve que dans cette région. Cette entreprise importatrice a l'habitude de rencontrer régulièrement ses fournisseurs sur place depuis un certain nombre d'années et elle a proposé récemment à ses fournisseurs le FIDOC. Les fournisseurs ont immédiatement compris l'intérêt de pouvoir obtenir le paiement immédiat là où, auparavant, ces mêmes fournisseurs étaient réglés à 90 jours. Le FIDOC a permis de renforcer le partenariat entre l'importateur et ses fournisseurs. L'intérêt pour l'entreprise importatrice est d'avoir un argument supplémentaire dans sa négociation, avec ses fournisseurs habituels et en même temps de bénéficier du délai qui lui permet de financer son cycle d'exploitation.

SH : En conclusion, le FIDOC offre des avantages aussi bien pour l'importateur que pour l'exportateur. Pour l'exportateur, ça lui permet de bénéficier d'un financement à des taux étrangers privilégiés, s'il le désire, car il n'est pas obligé d'utiliser le financement. Pour l'importateur, cela lui permet de bénéficier d'un atout supplémentaire au moment de la négociation.