Marchés financiers

Coronavirus - Nos experts font le point sur la baisse des marchés financiers

Macro-économie1

Depuis plusieurs semaines, la propagation du coronavirus vient brutalement rompre la tendance à l'amélioration de la croissance qui avait commencé à rebondir avec des relations moins tendues entre les Etats-Unis et le reste du monde, ainsi qu'entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (Brexit). Ceci se reflète sur le prix des actifs à travers une montée des inquiétudes qui pénalisent le prix des actifs perçus comme risqués, dont les marchés d'actions.

  • La baisse est d'autant plus marquée que les gouvernements des pays développés tardent, d'une part, à mettre en place des mesures de confinement suffisantes, et, d'autre part, à organiser des mesures de soutien à l'économie suffisamment importantes pour être convaincantes.
  • La France a changé de braquet jeudi comme l'a indiqué le Président Macron, et devra être suivie par les autres grands pays développés.
  • Les banques centrales ont quant à ellee rapidement réagi pour soutenir l'activité, et limiter le risque de faillites, mais les annonces de baisses du prix de l'argent via les taux directeurs ne suffisent pas. Ces mesures ont d'ailleurs pesé sur le niveau des taux d'intérêt à court et à long terme, ce qui n'est pas favorable à la rémunération de l'épargne dans un premier temps.
  • Le pétrole est une autre victime collatérale, avec un prix pénalisé aussi par la décision de l'OPEP ne plus couper sa production pour soutenir les cours, ce qui accroît très sensiblement le risque de défaut des entreprises du secteur (notamment aux Etats-Unis) mais impactera positivement le pouvoir d'achat des ménages. La consommation, lorsque les mesures de confinement cesseront, constituera le levier le plus puissant pour permettre un rebond de la croissance en 2ème partie d'année.

Au final, l'aversion au risque pourra décliner lorsqu'il sera possible de tabler, avec suffisamment de visibilité, sur une amélioration sanitaire afin que les mesures drastiques prises puissent être progressivement levées. La France a fait un grand pas en avant dans ce domaine, et les autres pays européens accélèrent aussi dans cette direction.

Focus sur la gestion de Crédit Mutuel Asset Management

Il y a maintenant plus d'un mois et demi que l'épidémie de coronavirus a commencé de capter l'attention du monde entier. A cette problématique sanitaire s'ajoute aujourd'hui une chute sans précédent des cours du pétrole (-30 % en une journée lundi / le baril de brent sous les 35 $). La conjonction de ces évènements a provoqué une baisse généralisée des marchés.

La BCE a décidé le 12 mars de ne pas bouger son taux directeur, ce qui a eu pour effet d'accélérer la baisse des marchés européens. Pour rappel, la FED avait d'ores et déjà réagi la semaine dernière en baissant ses taux directeurs de 50 bps.

Comment cela se traduit-il sur les gestions obligataires, actions et diversifiées de Crédit Mutuel Asset Management ?

Côté gestion diversifiée

La grille d'allocation actuelle est prudente depuis mi-janvier 2020. Par rapport aux différentes fourchettes d'exposition des fonds diversifiés, notre positionnement est relativement peu agressif, notamment en anticipation d'un possible retour de la volatilité sur les marchés. Dans ce contexte, l'ensemble des fonds de la gamme diversifiée (profilés, flexibles et multi-stratégies) a amorti la chute des marchés. Notre approche stratégique fonctionnant sur la décorrélation des classes d'actifs et la diversification, prend tout son sens dans les périodes agitées.

  • Sur la valeur liquidative du 10 mars, Flexigestion Patrimoine (FR0010259424) résiste, avec une baisse de 5,04 % depuis le début de l'année.
  • Les fonds profilés oscillent eux, selon leur exposition aux actions et aux produits de taux entre -2,73 % (CM-CIC Tempéré International FR0000974362) et -13,08 % (CM-CIC Dynamique Europe FR0010359430), contre des baisses supérieures à 32 % des indices CAC 40 ou Euro Stoxx 50®.
  • Les fonds multi-stratégies (Union Dynamique Court Terme (FR0010522615) et Moyen Terme(FR0010364760)) s'en sortent mieux en raison du retour de la volatilité qui leur est favorable. Ces deux fonds affichent respectivement des performances entre +3,33 % et -0,88 %2.

Sur les marchés actions

Depuis mi-février, les marchés « actions » avaient entamé une baisse graduelle, qui s'est accélérée lundi dernier et surtout jeudi avec une chute historique du CAC 40 de plus de 12%.

Pour autant, l'exposition des portefeuilles aux valeurs de la consommation ou du luxe qui avait profité à nos fonds sur 2019, a été réduite en fonction de leur exposition spécifique à la Chine. La grande qualité des bilans des entreprises cotées n'est pas remise en cause. Il en est de même de leur rentabilité réelle, ce qui présage d'un impact positif sur la distribution des dividendes futurs.

Pour rappel, notre politique d'allocation et notre sélection de valeurs restent dans une logique à moyen et long terme, sans toutefois ignorer l'actualité.

Quand on regarde titre par titre, notre analyse des perspectives de revalorisation est aujourd'hui autour de 30 %.

Sur les marchés obligataires

Le regain de l'aversion au risque encourage les investisseurs à reporter leurs flux vers des actifs plus défensifs tels que les emprunts d'état des pays considérés comme les plus solides. Ces mouvements de capitaux ont amplifié la poursuite de la baisse des taux français et allemands (-0,74 % sur le taux à 10 ans). Du coté des taux américains, des plus bas historiques ont été atteints (0,71 % sur le taux à 10 ans).

  • À ce stade, nous avons profité de la surperformance des taux américains pour prendre nos gains sur les stratégies en place et nous conservons les autres positions. Nous profiterons éventuellement de cet écartement pour augmenter légèrement nos expositions sur certains pays européens, si la BCE venait à augmenter significativement son programme d'achats.
  • Du côté des émetteurs privés de notation « Investment Grade » (AAA à BBB-) ou « High Yield » (haut rendement), les écarts de performance par rapport aux emprunts d'état se sont accrus fortement. Nous conservons nos positions et restons attentifs pour profiter d'opportunités sur des signatures privées de belle qualité et n'excluons pas de réinvestir sur de nouveaux noms ou signatures décotées en cas de corrections excessives.

Focus sur la gestion BLI-Banque de Luxembourg Investments

Globalement, nos stratégies d'investissement tendent à présenter un profil de risque conservateur tandis que, au niveau des stratégies actions, notre approche de sélection de titres favorisant des sociétés de qualité, peu endettées, dotées d'avantages compétitifs solides et de modèles économiques attractifs capables de supporter des périodes difficiles, nous donne confiance dans notre capacité à naviguer dans cet environnement compliqué et à rebondir une fois les tensions sur les marchés apaisées.

Comment cela se traduit-il sur les gestions de BLI ?

Côté gestion diversifiée

  • Sélection F Alpha (LU0384368212)
  • Ainsi, après la séance du 12 mars, le drawdown de Sélection F Alpha depuis le point haut du 19 février est donc de -6 % avec une performance depuis le début de l'année (YTD) de -5,2 %.

    Nous ne sommes évidemment pas à l'aise avec de telles baisses. Pourtant, poussés par notre esprit contrariant nous remontons l'exposition actions de Sélection F Alpha autour de 35 % (au lieu de 12 % au premier jour de la correction). Nous sommes conscients que désormais nos portefeuilles ne sont plus protégés en relatif. Mais il reste une marge à la hausse pour nos expositions actions qu'il faudra être capable d'utiliser.

  • BL-Global Flexible EUR (LU0211340665)
  • Au 11 mars, le fonds affichait depuis le début de l'année une baisse limitée à -8,5 %.

    Avant la baisse, l'exposition nette du fonds aux actions était de 53% (hors actions de mines d'or) et aucune couverture n'était en place. Au cours des différentes phases de baisse, le gérant a mis progressivement en place des couvertures (via des futures sur indices) pour arriver à une exposition nette aux actions de 40%.Dans le même temps, sur différentes valeurs qui lui paraissent attractives, le gérant a fixé des cours limites afin de pouvoir acheter en cas de forte baisse de ces titres. Ainsi, à l'heure actuelle, l'exposition nette aux actions est à 48 %. Les positions en futures sur indice restent en place. L'or est toujours aux alentours de 12% du portefeuille.

Côté gestion actions

  • BL-Equities America (LU0093570256)
  • Au sein de cette stratégie investissant dans des actions américaines de grande capitalisation, le style de gestion « BLI » permet d'afficher une baisse limitée à -11,8 % depuis le début de l'année (au 11 mars) à comparer à l'indice S&P 500 en baisse de -15,3 %. Si la correction se poursuit, le gérant pourrait cependant profiter de la baisse des cours pour initier de nouvelles positions ou renforcer des positions existantes dans lesquelles il a une forte conviction à long terme.

  • BL-Sustainable Horizon (LU0093570173)
  • Au sein d'un portefeuille où la durabilité constitue un élément clé de l'approche d'investissement, le gérant tend à adopter un profil prudent qui résultait, à fin janvier 2020, dans une exposition nette aux marchés actions limitée à 80% dans la phase de baisse, permettant au fonds d'afficher une baisse limitée à -9,9 % au 11  mars (à comparer à l'indice des actions mondiales MSCI World en baisse de -16,5%). Le gérant a augmenté l'exposition actions à 87% profitant de la correction de marché. Outre l'exposition actions réduite, l'exposition aux secteurs défensifs de la consommation et l'absence de valeurs bancaires et pétrolières, fortement touchées par la correction permettront de garder un profil prudent pour le fonds.

Achevé de rédiger le 13 mars 2020

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Crédit Mutuel Asset Management est une société de gestion agréée en France par l'AMF et BLI est une société de gestion agréée au Luxembourg par le CSSF.

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1 Rédigé par CIC Market Solutions

2 Union Dynamique Moyen Terme : VL au 10/03/2020