Actualité financière

Après la pluie, le beau temps ?

A Paris, le mois de mai aura été un des plus pluvieux sur plus de 100 ans, avec un record de pluie dépassant les 170 mm/m2. Ceci est une anomalie statistique, même si certains voudront l'attribuer aux effets du réchauffement climatique et d'autres en seront moins étonnés soulignant que depuis 1970, le mois de mai est bien celui qui concentre le plus de précipitations.

Un mois de mai positif pour les marchés financiers

Sur les marchés, la situation a été bien moins morose, avec des indices boursiers qui ont bien rebondi en fin de période, défiant ainsi l'adage qui s'appuie sur une récurrence statistique et qui veut qu'il vaut mieux vendre en mai et s'enfuir pour revenir à l'automne1. Est-ce que comme pour le climat, on pourrait connaître sur les marchés un cru défiant les statistiques saisonnières ?

Des inquiétudes économiques qui se dissipent

Le rebond du marché au mois de mai peut être attribué à une amélioration de la conjoncture économique ou du moins de la perception qu'en avaient les investisseurs. En effet, nombre d'indicateurs conjoncturels ont montré un regain de forme de l'activité économique et ceci dans la plupart des régions du monde. En Chine, l'activité a semblé enfin se stabiliser, notamment dans le secteur manufacturier. Aux Etats-Unis, la consommation et l'immobilier restaient bien orientés, alors que l'activité dans la zone euro, en particulier en Allemagne et en France, reprenait des couleurs. Ainsi, les inquiétudes sur les perspectives économiques qui dominaient il y a encore quelques mois et qui avaient fortement pesé sur les marchés en début d'année, se dissipaient.

La décrue du pessimisme permet aux indices de rebondir

Ce raffermissement de l'activité a coïncidé avec un changement de ton de la part de la Réserve fédérale américaine qui laissait envisager une nouvelle et imminente hausse de taux directeurs. Cette hausse potentielle, plus rapide que prévue par le marché, n'a cependant pas entamé un regain de confiance associé à des perspectives économiques plus porteuses. Aussi, les craintes entourant la possibilité d'une sortie du Royaume-Uni (le Brexit) de l'Union Européenne se sont quelque peu estompées. Au total, c'est bien une décrue du pessimisme qui semble avoir incité les investisseurs à reprendre un peu plus de risque, poussant notamment les indices boursiers vers les hauteurs.

Malgré tout, la prudence reste de mise

Malgré ces bonnes nouvelles, il serait difficile de parler d'euphorie sur les marchés. Surtout que le climat peut changer à tout moment, comme par exemple avec les dernières statistiques sur l'emploi du mois de mai, bien plus basses qu'anticipées, et quelques sondages donnant un avantage au Brexit. Ainsi, maintenir de la prudence dans les portefeuilles nous semble toujours justifié, tout en cherchant des opportunités y compris dans le secteur de l'énergie qui bénéficie de la progression récente du prix du pétrole. Une accalmie ne veut pas dire que le beau temps revient avec force.

1 Aux Etats-Unis, depuis les années 50, l'indice boursier Dow-Jones a en moyenne connu une progression proche de 0% entre mai et octobre et de plus de 7% entre novembre et avril.