Actualité financière

Changement de paradigme ?

Après des années d'interventionnisme massif la préoccupation des principales institutions monétaires n'est plus d'assurer un soutien inconditionnel mais de régler plus finement le dosage des injections de liquidités dans le circuit financier. Le modèle changerait-il ?

La Réserve fédérale va piloter à vue

En actant du net ralentissement de la croissance américaine au premier trimestre (0,2 % en rythme annualisé contre 2,2 % au trimestre précédent), la Réserve fédérale, tout en restant positive sur la fin de l'année, a rendu moins certain le calendrier de normalisation de la politique monétaire attendu pour début juin et reporté au troisième trimestre. Le sentiment général devient celui du pilotage à vue, fonction de la poursuite de l'amélioration de l'emploi et de l'investissement.

La BCE est contrainte de maintenir ses interventions

Le ralentissement américain a pénalisé le dollar qui s'est déprécié face à l'euro. Dans son sillage, le pétrole s'est renchérit. Le ralentissement de ces moteurs de la reprise européenne - faiblesse de l'euro et baisse des prix énergétiques - est prétexte à une pause appuyée de la progression des indices. Ces facteurs contraignent la BCE à maintenir le montant et le rythme de ses interventions en veillant à maintenir une pression baissière sur l'euro afin de ne pas entraver les prémices, plus ou moins marqués selon les pays, de la reprise.

La BOJ poursuit sa politique monétaire

Au Japon la chute du taux d'inflation en avril de 2,3 % à 0,9 % présage du maintien de la politique monétaire ultra accommodante de la BOJ. Cette stratégie vise à déclencher des hausses salariales en gommant la ponction de l'augmentation de la TVA sur le pouvoir d'achat des ménages et d'aboutir à une dynamique plus durable de rebond de la demande domestique et de l'inflation.

Pourtant l'exit stratégie des Banques centrales est prématuré

La préoccupation des principales institutions monétaires n'est plus d'assurer un soutien inconditionnel mais de régler plus finement le dosage des injections de liquidités dans le circuit financier.

Cette prise de conscience porte sur la diminution structurelle de la croissance potentielle observée dans les pays développés (Chine comprise) liée aux poids plus importants des services dans le PIB pour lesquels les gains de productivité plus modestes limitent les hausses de salaires et de pouvoir d'achat. Les anticipations d'exit stratégie des Banques centrales sont prématurés, l'adaptation des économies à cette donnée impose un accompagnement durable de la part des institutions ayant la capacité de conforter le retour de la confiance des ménages et des entreprises.

D'autres étapes de hausses des indices sont à envisager

Reste que les entreprises restructurées pendant la crise ont accès à des financements généreux. Elles seront de plus en plus perçues comme des actifs rémunérateurs et finalement moins risqués que par le passé. L'environnement de taux bas étant appelé à perdurer (malgré une possible hausse de volatilité) d'autres étapes de hausse des indices actions sont à envisager fondées sur une conjoncture mieux orientée et surtout une expansion des multiples de valorisation avec la réduction de l'aversion au risque.