Et pourtant la bourse monte...

Un an après l'élection de Donald Trump, le marché actions US continue son ascension. L'indice S&P 500 culmine à plus de 24 600 points battant ainsi 57 records historiques et le Nasdaq 70, pulvérisant le record de 61 enregistré en 1999. La valorisation des actions américaines a atteint des niveaux élevés ainsi que d'autres actifs risqués tels que les obligations émises par des entreprises plus ou moins endettées. Les analystes se demandent si, quand et comment le rallye actuel dans les segments risqués des marchés financiers américains prendra fin.

Ces craintes et ces interrogations ne semblent pas pour le moment capables d'enrayer le mouvement ascensionnel de la bourse américaine : et pourtant elle monte...

Les indices boursiers américains s'offrent même le luxe d'une accélération sur le dernier trimestre avec une hausse sur la période de +6.41% pour le S&P 500 et de +6.27% pour le Nasdaq. Ceux-ci sont portés principalement par un PIB revu à la hausse ainsi que par la perspective de voir la réforme fiscale passer l'examen des deux chambres du Congrès avant la fin de l'année 2017. La désignation de Jerome Powell comme prochain Président de la Réserve Fédérale a accompagné le mouvement, puisque ce dernier dit vouloir s'inscrire dans la continuité de la politique monétaire menée par son prédécesseur. Il indique également vouloir alléger les contraintes pesant actuellement sur les banques ce que Wall Street a apprécié. Par ailleurs, Janet Yellen estime que la croissance économique US est visible sur tous les fronts, déclarant que les conditions d'une hausse des taux en décembre sont réunies.

Les indicateurs économiques sont bien orientés

Que ce soit concernant le marché du travail avec des créations d'emplois plus fortes qu'anticipées, la confiance du consommateur qui repart ou encore des indices d'activités en amélioration, les chiffres américains affichent de belles perspectives et ce malgré les ouragans. La croissance du Produit Intérieur Brut américain est ainsi ressortie à 3.3% en rythme annualisé, contre une progression de 3.1% au deuxième trimestre.

Malgré les bons indicateurs européens, les incertitudes allemandes pèsent sur les indices

En Europe, le PIB de la zone euro a progressé de 0.6% sur le troisième trimestre 2017, avec une dynamique commune à tous les pays : +0.8% en Allemagne et en Espagne, +0.5% en France et en Italie. L'indice de l'activité manufacturière de novembre s'est inscrit en forte hausse, pour atteindre 57.5 contre 56.0 en octobre et celui des services est passé de 55.0 à 56.2. Dans le même temps, l'indicateur de confiance des ménages s'est encore amélioré, pour s'établir à 0.1 - un plus haut de 17 ans. Ces bons indicateurs macro-économiques et des résultats d'entreprises positifs n'ont toutefois pas empêché les indices boursiers européens d'être étales sur la période avec un indice Eurostoxx 50 en hausse de seulement 0.4%. Ce mouvement s'explique en partie par la difficulté d'Angela Merkel à trouver une majorité stable pour gouverner après le résultat des élections législatives allemandes ainsi qu'à quelques histoires spécifiques.

Les taux américains sont en hausse

Sur le front obligataire, les taux américains sont en hausse de 7 points de base sur le taux 10 ans à 2.4% sur les trois derniers mois de l'année du fait des espoirs, qui restent à concrétiser, d'un vote au Sénat de la réforme fiscale du Président Trump ainsi que de la dissipation des craintes sur la faiblesse de l'inflation (hausse de l'inflation sous-jacente). Et malgré des taux à la hausse, elle monte...

Les taux européens baissent

En zone euro, la déception sur les derniers chiffres d'inflation sous-jacente a alimenté un mouvement de baisse généralisée sur les taux : le taux 10 ans allemand baisse de 15 points de base à 0.31% ainsi que le taux 10 ans français qui baisse de 8 points de base à 0.66% (il retrouve ainsi son niveau de début d'année effaçant ainsi toute la hausse antérieure). Malgré la communication de plusieurs membres de la BCE sur la dynamique de la croissance européenne, les marchés financiers intègrent la possibilité que la BCE puisse rester accommodante au-delà de septembre 2018.

Mais le plus étonnant pour l'observateur des marchés financiers, outre le mouvement formidable de hausse des actions américaines, c'est que celui-ci est concomitant à une très faible volatilité. Or la volatilité est une mesure du risque et donc de la peur des investisseurs. C'est comme si les marchés étaient sans surprises et sans à-coups. Cette belle image rassurante ne saurait cacher la sanction infligée à ceux qui ont déçu les attentes des analystes ou échoué à délivrer des résultats positifs : Altice (-59%), Vestas (-29%), Elior (-24.3%), Siemens Gamesa (-15.5%)...

Dans cet environnement, il nous faut donc être de plus en plus sélectif et actif pour pouvoir tirer tous les bénéfices de ce mouvement de hausse des indices boursiers.