Actualité financière

Le basculement des mondes

Les principaux organismes internationaux nous prédisaient l'apocalypse : après la récession de 2008, la crise des dettes souveraines de 2011 et le risque déflationniste en 2014, le déclin était inéluctable ! Pourtant...

La vieille Europe déjoue les pronostics pessimistes

L'Europe, à elle seule, représente une zone de consommation supérieure à celle des États-Unis et un débouché indispensable pour les économies exportatrices de l'Asie. Dans une phase de récession ou de stagnation prolongée, elle réussit le tour de force d'être excédentaire dans les échanges commerciaux et de services. Enfin, les dettes d'état doivent être mesurées à l'aune des stocks d'épargne, la solvabilité des banques à celle des tissus industriels (luxe, automobile, aéronautique, agroalimentaire, cosmétique, santé...) et des patrimoines immobiliers.

Le décalage conjoncturel est favorable à l'Europe

Le pessimisme excessif des enquêtes d'opinion auprès des chefs d'entreprises et des ménages devait impérativement s'inverser : la condition était un catalyseur fort et indiscutable à l'image de la politique monétaire américaine résolument expansionniste dès 2009, ce qui explique le décalage conjoncturel entre les deux rives de l'Atlantique.

Après 4 années d'atermoiements, la Banque centrale européenne (BCE) a réussi à convaincre la communauté européenne d'adopter des mesures similaires afin de créer le choc psychologique indispensable au retour de la croissance.

La politique monétaire couronnée de succès

Les mesures monétaires quantitatives mises en place par la BCE sont massives, destinées à drastiquement baisser les taux d'intérêt, les faire converger dans tous les pays de la zone euro et faciliter la relance de la distribution de crédit par les banques.

Le succès est au rendez-vous, le crédit redémarre, le Portugal ou l'Espagne se refinancent à des conditions inférieures à celles des États-Unis, les ménages consomment à nouveau, l'envolée des ventes de voiture suffit à s'en persuader.

Des données économiques encourageantes

En raison de la généralisation de la baisse du prix des matières premières, pétrole en tête, des gains de pouvoir d'achat sont perceptibles pour les ménages. Le décrochage de l'euro contre dollar restaure la compétitivité des productions du sud de l'Europe sans les inconvénients des dévaluations en matière d'inflation. Enfin, l'Amérique a pris conscience de la nécessité de sauver la construction européenne dans un monde particulièrement instable en « tolérant » un dollar plus fort. La meilleure santé des économies européennes sur la bonne voie constitue le meilleur garant de stabilité.

La zone euro recèle encore de belles opportunités

Tous ces arguments sont progressivement intégrés par les marchés financiers qui ont depuis le début de l'année réévalué le potentiel des Bourses européennes. Cette étape sera complétée et amplifiée par les révisions à venir de la croissance économique vers 2 % et des résultats des entreprises par la communauté des analystes financiers.

Investir aujourd'hui sur la zone euro, c'est parier raisonnablement sur une conjoncture en amélioration dont les premiers bénéficiaires sont les entreprises cotées.