« Le panorama est pour le moins hétérogène »

D'une manière globale, les tendances de croissance économique mondiale sont restées robustes. Cela a contribué à la remontée du prix des matières premières, notamment le minerai de fer et le cuivre. En revanche, les considérations géopolitiques et politiques ont empêché les marchés actions de rebondir et ont provoqué une rechute des taux longs.

La baisse de confiance pèse sur le billet vert

La rechute des taux est à la fois la résultante d'une certaine aversion pour le risque et de statistiques d'inflation encore relativement faibles. Ainsi, les tensions géopolitiques, les évolutions politiques aux Etats-Unis, conjuguées au ton accommodant de la Réserve fédérale dans ses minutes ont affecté la confiance des investisseurs en août et pesé sur le dollar américain. Le tir d'un missile par la Corée du Nord a ravivé les tensions géopolitiques.

Les niveaux de valorisation ne laissent plus de marge d'erreur

La nervosité des marchés actions depuis maintenant 3 mois nous montre que les niveaux de valorisations ne laissent plus beaucoup de marge d'erreur. Les investisseurs semblent de plus en plus enclins à prendre une partie de leurs bénéfices dès que les risques augmentent. En d'autres termes, la prime de risque sur les marchés actions ne permet plus d'absorber les déceptions et autres incertitudes nouvelles. Si celles-ci venaient à se dissiper, la bonne tenue de la croissance mondiale devrait permettre à terme de retrouver une dynamique haussière sur les marchés actions.

Sortir d'une politique monétaire accommodante.

Les doutes se sont accrus sur la capacité des Banquiers centraux à trouver un moyen de sortir de leur politique monétaire accommodante dans un environnement où l'inflation peine à revenir vers l'objectif de 2%. La Réserve fédérale devrait toutefois être en mesure d'entamer la phase de baisse de la taille de son bilan si, comme elle l'anticipe, les indices de prix rebondissent dans les prochains mois. Ceci semble possible, dans un contexte de dynamique de croissance solide confirmée par les chiffres du PIB du 2ème trimestre (+3%) et de taux de chômage bas.

La BCE fait face au problème de la baisse du dollar contre euro, ce qui va peser sur la croissance de la zone et dégrade d'ores et déjà les conditions financières. Avec une inflation faible et un chômage encore élevé, la BCE devrait ne prendre les décisions importantes qu'en octobre, lorsque la Fed aura entamé la phase de baisse de la taille de son bilan. En emboitant le pas à la Banque centrale américaine, elle pourra ainsi maintenir le différentiel de politique monétaire entre les deux rives de l'Atlantique.