Actualité financière

Les politiques monétaires inédites de reflation sur la voie de la réussite ?

Les signes précurseurs encourageants ne doivent pas être minimisés : le chômage entame sa décrue (la France demeurant à la traîne), la croissance évolue désormais en territoire positif et le spectre de la déflation s'éloigne.

Le décalage conjoncturel avec les Etats-Unis se résorbe

L'évolution de la parité euro/dollar et la baisse des prix des matières premières contribuent à restaurer la compétitivité de l'industrie européenne. Les conditions financières s'améliorent et vont, dans les prochains mois, se diffuser plus largement dans l'économie réelle. Même s'il inquiète les investisseurs, le ralentissement de la croissance américaine constaté au premier trimestre 2015 résulte principalement de facteurs exogènes. Le taux élevé d'épargne des ménages et des entreprises permet d'anticiper un rebond de la consommation et des investissements dans les prochains mois.

En Europe, les motifs de déstabilisation n'ont pas manqué

Le feuilleton grec réserve chaque semaine des rebondissements. Dans ce registre, la montée des votes populistes (Espagne, France) est problématique alimentant les messages anti-euro des formations politiques radicales.

L'évolution récente des taux souverains et de l'inflation s'est invitée au débat renforçant la suspicion quant à l'efficacité des mesures prises par la BCE. Il est indéniable que la hausse des rendements obligataires a été appuyée, influencée par un chiffre d'inflation sous-jacente plus élevé que prévu à 0,6% en avril sur un an.

Le pessimisme ambiant doit être considérablement tempéré

L'aberration des rendements négatifs appelait une correction d'autant plus marquée que l'excès était manifeste. L'ajustement était devenu indispensable, les pays coeurs normalisent les rendements entre 0,5%/1% sur les échéances à 10 ans. Le plan d'intervention de la BCE (achats mensuels de 60 milliards d'emprunts d'Etats publics et para publics), nous assure des rendements durablement bas. L'objectif est de faciliter la reflation par le crédit bancaire : les banques sont priées de ralentir leurs achats de dettes souveraines et d'y substituer des crédits. La démarche devrait s'amplifier.

Des signaux précurseurs valident la pertinence de ces mesures

La sortie de récession de la zone euro est confirmée, elle pourrait s'amplifier : les effets positifs de la dépréciation de l'euro et des replis de pratiquement toutes les matières premières ne se diffusent que progressivement. Reste l'inflation. Une accélération est peu probable, le chômage est encore très élevé dans de nombreuses régions et les prix à la production ne sont pas près de se tendre.