Actualité financière

Naviguer dans un monde incertain

La violente correction des marchés en début d'année a été en grande partie corrigée, même si les principaux indices boursiers restent en territoire négatif. Sur le marché obligataire, les fortes tensions du début d'année se sont fortement atténuées. Néanmoins, depuis le début du mois d'avril, le retour de l'appétit pour le risque a somme toute été mis à mal. En effet, les incertitudes sur la croissance future et l'impact sur les résultats des entreprises sont venues de nouveau entamer la confiance des investisseurs...

Le soutien des Banques centrales ne semble plus rassurer

Aux Etats-Unis, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale (Fed) a continué à communiquer sur le gradualisme de la poursuite de la hausse des taux directeurs, tentant de maintenir la confiance. De fait, les anticipations concernant la prochaine hausse ont été repoussées à la fin 2016. En zone Euro, l'action de la BCE a été plus radicale. A l'occasion de sa dernière réunion elle a encore réduit ses principaux taux directeurs, abaissant notamment le taux sur les dépôts des banques à la Banque centrale à -0,4%. En même temps, les achats d'actifs ont été portés à 80 Md€ et devraient intégrer les achats de dette d'entreprises. Toutefois, ces mesures n'ont apporté qu'un soutien très temporaire au marché.

Survenance d'une méfiance sur les conséquences des politiques monétaires accommodantes

En zone Euro notamment, même si l'action de la Banque centrale européenne (BCE) semble soutenir le marché obligataire, certains s'inquiètent de la conséquence des taux bas, voire négatifs, sur de nombreux agents économiques. A ces interrogations viennent s'ajouter des incertitudes politiques, que ce soit sur les politiques menées par le nouveau gouvernement portugais, l'absence de gouvernement pérenne en Espagne et, bien évidemment, pour l'ensemble de l'Europe, l'impact que pourrait avoir une décision du peuple anglais de sortir de la communauté européenne (« Brexit ») lors du referendum du 23 juin prochain.

Appréhender les mois à venir avec une certaine prudence

Toutes ces préoccupations sont légitimes et il est important d'appréhender les mois à venir avec une certaine prudence dans les prises de décision en matière d'investissement financiers. Les férus de statistiques penseront même qu'il y a actuellement peu à attendre d'une prise de risque. Ils pourraient se réfugier derrière l'adage boursier : « Sell in May and go away ! » (« Vendez en mai et partez »), constatant que sur la période allant de mai à octobre les marchés financiers enregistrent des résultats peu probants.

Naviguer dans un futur incertain

Néanmoins, il nous semble que les dernières statiques relatives à la croissance ont été plutôt encourageantes. Aux Etats-Unis on constate les prémices d'un léger rebond du secteur manufacturier alors que le marché de l'emploi reste robuste. En Europe, la croissance reste faible mais la dynamique de reprise ne semble pas remise en cause. Enfin, la croissance chinoise semble se stabiliser. N'oublions pas aussi que la faiblesse du prix du pétrole, même s'il se stabilise, reste un soutien pour le pouvoir d'achat. Ainsi, naviguer avec prudence dans un futur aussi incertain nous paraît judicieux mais il faut rester à l'affut d'un changement de cap et de sentiment sur les marchés.