Actualité financière

Osons l'action

L'observateur peu averti pourrait croire qu'il ne s'est pas passé grand-chose sur les marchés boursiers en 2016. En effet, les indices ne sont pas très éloignés du niveau du début de l'année (au 15/11/2016). La bourse américaine et celles des pays émergents sont en progression de 6% environ, la bourse européenne en baisse de 7% comme les valeurs japonaises, les taux US à 10 ans sont à 2,20% contre 2,34% en début d'année et les taux français (OAT 10 ans) sont à 0,80% contre 0,79%.

2016 : 3 évènements exogènes majeurs

Cependant, les marchés ont été à 3 reprises au moins, très chahutés en 2016. Cela a commencé en janvier/février où le cours des actions a brutalement chuté de 15-20% dans le sillage des prix du pétrole. Cette baisse a été très rapidement effacée dès que le prix du pétrole est remonté en mars pour retrouver son niveau de début de l'année. En juin, les résultats inattendus du Brexit ont aussi bousculé les marchés provoquant un glissement brutal pendant quelques jours, mais les bourses ont retrouvé rapidement leurs esprits et leurs niveaux d'avant Brexit en septembre. Enfin, à la surprise générale, Donald Trump a été élu Président des Etats-Unis début novembre provoquant une hausse des marchés de 3 à 6%, malgré une brutale et vive tension sur les taux d'intérêt.

Que retenir de ces 3 évènements qui ont affecté l'année 2016 ?

Tout d'abord que les marchés boursiers actions sont « solides » et résilients. Ni le Brexit, ni l'élection de M. Trump n'ont réellement entamé la confiance. Deux éléments leurs sont favorables : ils ne sont pas chers et donnent un rendement coupon bien meilleur que celui des obligations. Toutefois, les marchés ne sont pas à l'abri de brusques variations parfois provoquées par des éléments exogènes.

Les enseignements de 2016 peuvent-ils nous permettre de dégager une tendance pour 2017 ?

Probablement ! Sur le front des taux d'intérêt, on devrait connaître une remontée des taux. La politique que devrait mener M. Trump conduira à une reprise de la croissance aux Etats-Unis, à un creusement du déficit budgétaire mais aussi à une reprise de l'inflation, d'où l'anticipation de hausse des taux. Dès lors il faut être prudent dans ses placements obligations et réduire la durée de vie des portefeuilles. Ensuite, le placement actions devrait être privilégié car les investisseurs seront attirés par les résultats des entreprises qui continueront à être bons (surtout aux USA si la croissance s'accélère) et les dividendes seront maintenus voire améliorés. Les secteurs recherchés seront les actions américaines bénéficiant de la pentification de la courbe des taux (secteur bancaire), des baisses des impôts (secteur de la consommation), de la politique de grands travaux (secteur des matières premières et de la construction). Il est probable que les valeurs européennes de ces mêmes secteurs suivront le mouvement avec un temps de latence notamment celles qui vendent beaucoup aux Etats-Unis. Enfin il semble judicieux de garder des réserves de trésorerie pour pouvoir profiter d'opportunités qui pourraient voir le jour comme ce fut le cas en début 2016, si tel ou tel élément exogène imprévu venait à se produire. Bref, pour 2017, osons l'action... avec tout de même un peu de circonspection.