Actualité financière

S'adapter à une croissance faible

Depuis 2016, les indices boursiers mondiaux restent globalement dans le rouge. Certes la dynamique a été très contrastée avec une forte correction en début d'année et une reprise depuis la mi-février. Néanmoins, les investisseurs restent inquiets devant les nombreuses incertitudes qui planent sur l'avenir.

La faiblesse des perspectives de croissance domine malgré les incertitudes géopolitiques

L'horizon politique et géopolitique est pavé de craintes de dénouements potentiellement déstabilisants : l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union Européenne (Brexit), les nouvelles élections en Espagne, les élections présidentielles aux Etats-Unis sans oublier les tensions persistantes au Moyen Orient. Mais, c'est bien la faiblesse des perspectives de croissance qui domine l'esprit des acteurs de marché. Depuis la reprise économique mondiale suite à la crise financière de 2008-2009, chaque année on ne cesse de revoir à la baisse les perspectives de croissance. Aujourd'hui, en zone euro, on s'est habitué à une croissance plutôt médiocre. Même le dynamisme extraordinaire de la Chine, quand elle exhibait des taux de croissance de 10%, fait partie du passé.

Les risques de récession restent faibles

Nous estimons que la croissance dans le monde devrait rester faible de façon durable. Nous pensons aussi que les risques de plongée en récession imminente notamment aux Etats-Unis, qui proliféraient au début 2016, restent faibles. Cette croissance lente prend sa source dans plusieurs dynamiques. Tout d'abord, nous subissons encore les effets de la crise de 2008-2009. En particulier, nous constatons que le système bancaire européen reste affaiblit et que la distribution de crédit ne progresse que faiblement. D'autre part, nous sommes entrés dans une phase de croissance démographique lente dans des nombreux pays, affectant donc le potentiel d'expansion économique.

D'importantes mutations pèsent également sur la croissance

Nous sommes aussi confrontés à des transformations importantes. Au premier chef, on assiste à la mutation du géant chinois, qui cherche à sortir de son ancien modèle industriel pour s'appuyer davantage sur les services et la consommation. D'où la forte décélération actuelle. Ceci a des effets, notamment, sur l'ensemble des pays émergents au travers d'une demande amoindrie et la baisse du prix des matières premières. Toutes ces faiblesses et changements expliquent en partie la faiblesse de l'investissement et les pauvres gains de productivité que nous constatons dans beaucoup de pays, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.

Etre sélectifs et très diversifiés

Afin de pallier cette croissance faible et une inflation bien en deçà de leurs objectifs, les banques centrales, plus particulièrement dans les pays développés, continuent à mener des politiques inédites, fournissant de la liquidité à très bon marché. Ceci se traduit par des taux d'intérêt historiquement bas. Il est difficile de voir ce cadre changer à très court terme. Ainsi, les investisseurs se trouvent orphelins d'une rémunération adéquate sur les actifs dit sans risque. Pour chercher une rémunération plus élevée, on est poussé à prendre plus de risques. C'est là où la prudence doit dominer aujourd'hui. Etre sélectifs et très diversifiés doit être la norme.