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Tout à 2% !

La révision en baisse des prévisions de croissance chinoise, la tertiarisation des économies ainsi qu'un déséquilibre lié aux prix des matières premières pour les pays exportateurs alimentent les craintes d'un ralentissement mondial. Est-ce réellement une mauvaise nouvelle ?

Le niveau de croissance potentielle s'affaiblit

La prise de conscience est venue de Chine : les exégètes ont revu leurs prévisions de croissance de 7% à 3,5% voire 2% pour les plus sceptiques. D'un point de vue fondamental, deux facteurs durables vont limiter le potentiel de croissance. Le premier résulte du basculement du modèle industriel vers la prépondérance des services, majoritaires dans de nombreux pays occidentaux et désormais en Chine, dont les gains de productivité, plus faibles que dans l'industrie, limitent le potentiel d'inflation. Le second tient à la démographie : les ménages, notamment en l'absence de systèmes de protection sociale, se constituent une épargne de précaution au lieu de consommer.

La baisse des prix des matières premières n'est pas que positive

Les effets induits sont particulièrement déstabilisants pour les pays dont l'essentiel des ressources provient des exportations de matières premières. Le maintien d'un prix du baril de pétrole inférieur à 50$ n'est pas tenable à moyen terme. L'effondrement des budgets de recherche principalement aux Etats-Unis devrait permettre d'apurer l'excédent d'offre et entrainer une normalisation bénéfique des prix. Chacun y trouverait son compte : un peu plus d'inflation dans les pays développés et de moins sombres perspectives pour le reste du monde.

Les atermoiements de la Réserve fédérale mettent à l'épreuve les investisseurs

L'inconnue reste la normalisation de la politique monétaire américaine annoncée trop tôt et toujours reportée. Ces atermoiements influent sur le moral des investisseurs ballotés entre les conséquences d'une remontée des taux d'intérêt et l'absence de décision qui ferait craindre un ralentissement général de l'économie. Nous avons la conviction que la croissance mondiale ne va pas s'effondrer et demeurer en moyenne supérieure à 2%. Les rendements obligataires américains se sont déjà positionnés en affichant une rémunération de l'ordre de 2%/2,5% suggérant que la Réserve fédérale inscrira son programme de normalisation dans des bornes beaucoup plus basses que par le passé.

La Banque centrale européenne poursuit et amplifie ses interventions

La BCE est bien décidée à prolonger son programme de soutien se substituant chaque mois aux acheteurs traditionnels d'obligations publiques, assureurs et banques englués dans de contraignantes mesures de régulation. La transmission de cette politique monétaire semble progressivement prendre corps avec un volume d'encours de prêts enfin en territoire positif, la tendance reste cependant à confirmer.

La réaction des marchés parait exagérée

Les fluctuations erratiques des marchés des dernières semaines sont à relativiser. L'environnement perçu moins porteur a enrayé la dynamique de prévisions devenues plus aléatoires. L'inversion de ce sentiment serait proche, mais nécessite un catalyseur comme le sentiment que le point bas est atteint sur le prix du baril et les matières premières, agricoles comprises.