CIC Banque Privée, en lien étroit avec Crédit Mutuel Gestion et CIC Corporate & Institutional Banking, fait le point chaque mois sur un ou plusieurs points marquants de l’actualité et de ses conséquences économiques et financières. L’allocation d’actifs n’est abordée que si des changements interviennent.
Répercussions des tensions au Moyen Orient sur les marchés financiers
Le mois de mars a été marqué par une forte montée des tensions au Moyen-Orient, dont les répercussions ont été significatives sur l’ensemble des marchés financiers.
La hausse des prix de l’énergie s’est accompagnée d’un repli des actifs risqués et d’une nette remontée des taux souverains. Dans ce contexte, seuls le dollar et les valeurs énergétiques ont offert une protection relative.
En effet, l’escalade entre l’Iran et les États-Unis s’est rapidement propagée à l’ensemble de la région, affectant directement les infrastructures énergétiques et perturbant les flux d’approvisionnement, notamment via les difficultés persistantes dans le détroit d’Ormuz, qui voit passer habituellement 20% de l’offre mondiale de pétrole et 25% de celle de gaz.
Il en résulte un déficit estimé à plus de 10 Mb/j1, ce qui a entrainé une forte hausse des prix du pétrole (Brent2 : +47% à 101 $/b) et du gaz (TTF : +75% à 54 €/MWh), malgré les mesures mises en place pour atténuer le choc. Les perspectives restent incertaines, les négociations en cours n’ayant pas encore permis d’aboutir.
Face aux risques inflationnistes induits, les banques centrales ont maintenu leurs taux inchangés mais adopté un ton plus restrictif. Les anticipations de marché se sont fortement ajustées, avec des révisions marquées des trajectoires de taux directeurs : de -61 pb3 à -6 pb pour la Fed4, de -14 pb à +72 pb pour la BCE5, et de -52 pb à +62 pb pour la BoE6 d’ici fin 2026. Cette réévaluation s’est traduite par une hausse significative des taux souverains à 10 ans (+35 pb aux États-Unis, +36 pb en Allemagne, +66 pb en Italie) et un mouvement de pentification en Europe (spread7 2-10 ans allemand : -22 pb), lesquelles reflètent aussi les craintes de dégradation des équilibres budgétaires via l’intervention des Etats pour atténuer le choc énergétique. Sur le marché des changes, le dollar s’est apprécié face à l’euro (+2,7% à 1,145), dans un contexte de craintes sur la balance commerciale européenne, rappelant le schéma de 2022.
Enfin, l’aversion au risque s’est nettement renforcée (VIX8 : +43% ; iTraxx Crossover9 : +93 pb), pesant sur les marchés actions (Stoxx Europe 60010 : -9% ; S&P 500(11 : -7% ; Sensex12 : -11% ; Hang Seng13 : -7% ; Topix14 : -11% ; Kospi15 : -15%). Le secteur énergétique se distingue toutefois par une forte surperformance (+21% en Europe ; +19% aux États-Unis), tandis que l’or a reculé (-14%), utilisé comme variable d’ajustement par certains investisseurs (face aux appels de marge requis) et pénalisé par la hausse des taux réels américains et le renforcement du billet vert.