Les impacts des tensions géopolitiques sur les marchés financiers
Le mois de janvier a été marqué par une nette recrudescence des tensions géopolitiques, aussi bien pour l’Union européenne, l’Iran, que le Venezuela, avec un dénominateur commun : D. Trump. En quête d’un regain de popularité auprès des électeurs américains alors que la campagne des élections de mi-mandat semble déjà lancée, le président américain s’est montré offensif afin d’obtenir des « victoires » à l’international.
Il a ainsi obtenu gain de cause au Venezuela en garantissant un accès privilégié aux ressources pétrolières du pays pour les entreprises américaines, il a également pu obtenir de l’UE et du Danemark un élargissement de l’accès américain au Groenland ainsi que des droits miniers, tandis qu’en Iran le régime en place a accepté un nouveau cycle de négociations portant sur l’épineux sujet de la gestion des ressources nucléaires du pays.
Ces éléments n’auront pas manqué d’alimenter la volatilité sur de nombreux actifs, en premier lieu desquels les matières premières énergétiques (Brent1 : +16% à 71 $/b ; gaz européen : +40% à 39 €/MWh). Les marchés d’actions ont également connu quelques secousses mais parviennent toutefois à conserver une tendance haussière (Stoxx Europe 6002 : +3% ; S&P 5003 : +1%), portés par un faisceau d’indicateurs favorables quant à la bonne tenue du cycle économique, notamment aux Etats-Unis, et grâce à des communications d’entreprises positives pour la thématique IA (Meta, ASML, TSMC etc.).
Le dollar aussi aura été chahuté en ce début d’année (EUR/USD : +1% à 1 € = 1,185 $), confronté à une vague de défiance à l’encontre des actifs américains qui a en parallèle sensiblement porté le cours des autres actifs « refuge » tel que l’or (+13% à 4894 $/once) ou l’argent (+19% à 85 $/once). La proposition par D. Trump de nommer K. Warsh à la tête de la Fed4 à partir de mai, un ancien gouverneur au profil plutôt hawkish et attaché à la lutte contre l’inflation, a toutefois permis de contrebalancer cette dynamique et contribué à limiter l’aversion à l’égard de la devise américaine, non sans entraîner de fortes perturbations pour les actifs réels précédemment cités.
Si le contexte macroéconomique a ainsi été relégué au second plan, il convient de garder à l’esprit la vigueur des pressions inflationnistes aux Etats-Unis (accélération des indices PPI5 par exemple) qui, conjuguée à la résilience de la croissance et au maintien inchangé de la politique monétaire de la part de la Fed, ont entrainé un rebond des taux souverains américains (10 ans : +7 pb à 4,23%). Une dynamique inverse se constate en zone euro, entre la confirmation d’un déploiement plus lent qu’anticipé du plan de relance allemand (taux allemand à 10 ans : -1 pb à 2,84%) et, surtout, une sortie au moins temporaire de l’impasse budgétaire en France (10 ans : -13 pb à 3,43%).
Enfin, difficile de ne pas évoquer la forte volatilité qui a aussi touché les actifs japonais tout au long du mois de janvier (taux 10 ans : +19 pb à 2,24% vs pic à 2,34% ; yen : -1,2% face au dollar à 1 $ = 154,7 ¥ vs un creux à 159,2 ¥), conséquence de la perspective d’une dégradation de la trajectoire budgétaire du pays après la convocation de nouvelles élections législatives par la Première ministre S. Takaichi. Ce point aura très certainement contraint les autorités japonaises à intervenir sur le marché des changes afin de garantir la stabilité de la devise nippone.