Impact de la hausse du prix des hydrocarbures sur les marchés financiers
Si le mois d’avril a d’abord été marqué par un repli des taux souverains et des prix des hydrocarbures, dans le sillage de l’annonce du cessez-le-feu au Moyen-Orient, l’enlisement des négociations au cours des semaines suivantes, puis le blocage du détroit d’Ormuz par les États-Unis ont ravivé la hausse de ces classes d’actifs, observée depuis le début du conflit.
Malgré les discussions engagées entre l’Iran et les États-Unis, la question du nucléaire a continué de cristalliser les tensions et d’entraver le processus de paix, conduisant Washington à décider du blocage du détroit d’Ormuz afin d’accentuer la pression sur le régime iranien. Dans ce contexte, le cours du Brent a renoué avec sa dynamique haussière pour clôturer le mois à 114 dollars/b1, soit seulement -3% en deçà des plus hauts enregistrés depuis le début du conflit, atteints fin mars. Ces développements ont conduit les investisseurs à réévaluer la probabilité d’un conflit susceptible de s’inscrire dans la durée, ainsi que le risque inflationniste inhérent à une telle situation. Dans ce contexte, la Fed2 et la BCE3 ont également adopté une communication plus prudente, marquée par un ton plus restrictif. Ainsi, les taux souverains américain et allemand à 10 ans ont terminé le mois en hausse (respectivement +5 pb à 4,37% et +4 pb à 3,03%). De son côté, l’euro est parvenu à progresser (+1,5% à 1 € = 1,173 $), bien qu’il ait effacé une partie de ses gains au cours de la seconde moitié du mois.
Ces éléments n’ont toutefois pas empêché les marchés actions de poursuivre leur progression, notamment aux États-Unis (S&P 5004 : +9,6%), aussi sur fond de regain d’optimisme autour de la thématique de l’intelligence artificielle. Le Japon (Topix5 : +6,5%) ainsi que l’Europe (Stoxx Europe 6006 : +4,8% ; CAC 40 : +3,8%), moins exposés à cette thématique et davantage vulnérables aux perturbations du marché de l’énergie, affichent en revanche des progressions plus modérées.