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Conjoncture et marchés juillet 2026

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Panorama économique

Le mois de juin a conforté le marché dans son optimisme à l’égard d’une résolution du conflit au Moyen-Orient. Les dernières actualités ont en effet accru la probabilité qu’un accord de paix soit trouvé ce qui s’est traduit par une poursuite de la détente des prix de l’énergie et en particulier du pétrole : le Brent clôture le mois à moins de 75 USD/pb (-20% sur le mois), soit des niveaux équivalents à ceux d’avant le début du conflit. Le mouvement pointe vers une confiante grandissante d’une reprise des flux d’exportations dans le détroit d’Ormuz, qui réduit le risque immédiat de rupture d’approvisionnement. Certains points d’incertitudes demeurent néanmoins, notamment sur le dossier nucléaire iranien. La période qui s’ouvre actuellement sera fatidique car en l’absence d’une réouverture effective du détroit, les niveaux de stocks actuels ne pourront pas permettre d’absorber la demande.

Source : Refinitiv, Crédit Mutuel Gestion

Malgré des avancées encourageantes, il semble donc encore trop tôt pour conclure que le scénario du pire a été évité. Néanmoins, le marché semble prendre pour acquis l’accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran et le sujet du conflit voit son impact sur les actifs se réduire.

Sur le front macroéconomique, la baisse des prix de l’énergie conforte le scénario d’une inflation temporaire. Les chiffres d’inflation ont accéléré comme on s’y attendait en mai mais selon les premiers chiffres du mois de juin un pic d’inflation pourrait se dessiner : en zone euro, l’inflation CPI est sortie à +2,8% en g.a après +3,2% en mai. Si le chiffre reste supérieur à 2%, il converge à nouveau vers cette cible.

En parallèle, les anticipations d’inflation ont reflué (les marchés de taux pointent vers une inflation à 2,5% et 2,1% respectivement en zone euro et aux Etats-Unis à horizon un an contre plus de 3% en début de mois). Les effets du choc énergétique sont susceptibles d’avoir atteint leur pic et devraient commencer à se résorber.

Malgré l’amélioration du contexte géopolitique et inflationniste, les banques centrales ont pris acte du choc énergétique et durci le ton. A l’issue de la première réunion de Kevin Warsh, le FOMC a maintenu ses taux directeurs inchangés mais les projections font basculer la Réserve Fédérale dans une orientation restrictive. Malgré l’absence de forward guidance, la tonalité restrictive à court terme a amené le marché à ajuster ses perspectives : plus de 30 pb de hausse sont attendus par le marché d’ici la fin de l’année (taux final autours de 4%). De son côté, la BCE a relevé ses taux directeurs de 25 pb, tel qu’attendu et ajusté ses prévisions d’inflation afin de signaler de potentielles hausses supplémentaires sur les prochains mois, déjà largement intégrées par le marché (autours de 30 pb de hausse intégrés sur les taux futurs avec un taux final attendu à 2,4%). La tonalité restrictive a eu pour résultat de maintenir un biais haussier sur les taux courts des courbes de référence. Sur la courbe américaine en particulier, l’ajustement des paris de marché a i) soutenu le dollar et ii) fait progresser les rendements à deux ans à 4,4% (+16 pb sur le mois de juin et +70 pb depuis le début de l’année).

Si les dernières déclarations de politiques monétaires ont provoqué de nouveaux mouvements de resserrement et alimenté la volatilité sur les taux, les conditions de liquidité sont restées accommodantes. L’aplatissement des courbes de référence qui en a résulté n’a pas bouleversé la dynamique positive sur les marchés boursiers. Le mouvement devrait d’ailleurs rester temporaire car la détente sur les prix de l’énergie et le ralentissement de l’inflation limitent la nécessité d’un fort ajustement des taux directeurs. Les taux courts pourraient ainsi refluer et amener un mouvement de repentification des courbes. Ce dernier soutiendra les conditions globales tant qu’il n’est pas alimenté d’autre part par une hausse des taux longs. L’aggravation des déficit et l’incertitude politique (élections de mi-mandat aux Etats-Unis en novembre, élections présidentielles en France au printemps 2027) seront des éléments déterminants à cet égard.

Source : Refinitiv, Crédit Mutuel Gestion

L’évolution des conditions de financement et des taux de référence sera déterminante dans le cycle actuel marqué par la prédominance de l’investissement.

L’engouement pour le secteur de la technologie et notamment l’IA n’a cessé de stimuler le cycle d’investissement (50% de la croissance américaine actuellement). Ce dernier soutient les perspectives de croissance globale à court terme. Ce cycle repose sur la croyance en la capacité disruptive de la technologie mais concentre tous les risques : les marchés actions sont devenus à la fois moteur et baromètre de l’économie. Toute surprise baissière sur les résultats et perspectives d’investissement supplémentaires dans le secteur pourraient donc agir comme catalyseur défavorable au cycle boursier mais aussi macroéconomique.

Marchés financiers

Les actifs risqués ont fortement rebondi au cours du deuxième trimestre embrassant le scenario d’un conflit au Moyen-Orient de courte durée avec peu de retombées sur l’économie réelle. Ce sentiment résolument positif s’est confirmé à travers la signature d’un protocole d’accord, qui bien que fragile, s’est matérialisé par un retrait de -35% du prix du Brent depuis le pic atteint en avril. Parallèlement, les perspectives prometteuses en termes de gains de productivité et de croissance liées au déploiement de l’Intelligence Artificielle (IA) ont joué un rôle moteur pour les actions avec des répercussions financières allant bien au-delà du seul secteur technologique et des Etats-Unis.

Au cours du trimestre, les investisseurs ont pris note que le cycle de dépenses d’investissement nécessaires au déploiement des infrastructures d’IA n’était pas affecté par le conflit au Moyen-Orient puisque les « hyperscalers » américains (Google, Amazon...) ont continué de relever leurs budgets d’investissements pour 2026 désormais estimés à $750 mds. En conséquence, depuis le début de la guerre en Iran, les estimations de croissance bénéficiaire des actions mondiales pour l’année en cours n’ont cessé d’être revues à la hausse pour atteindre 21,9%, avec le secteur technologique comme principal moteur. Cette amélioration continue des perspectives de croissance de bénéfices a ainsi permis aux marchés actions de s’apprécier de 15,3% (MSCI AC World en euros) au cours du trimestre, marchés émergents en tête puisqu’ils enregistraient une hausse de 24% (MSCI Emerging Markets en euros).

Source : Refinitiv, Crédit Mutuel Gestion

La forte pondération des semi-conducteurs et du matériel informatique dans l’indice des pays émergents explique cette performance historique dans un contexte où les investisseurs privilégiaient l’amont de la chaine d’approvisionnement sur l’IA. Au sein de cette zone se sont surtout les marchés coréens (+78%) et taiwanais (+47%) qui ont attiré les investisseurs puisque leurs indices boursiers concentrent les plus gros acteurs de l’industrie des semiconducteurs au monde (SK Hynix, Samsung Electronics et TSMC). Cet intérêt marqué pour les semi-conducteurs et l’Asie s’est fait aux dépens de l’Amérique Latine dont l’indice est en baisse de -4,7% sur trois mois (MSCI Latin America en euros). Cette région reste néanmoins en hausse de 11,8% sur l’année et de 29,4% sur un an de par son exposition importante aux matières premières et à l’énergie dans un contexte de forte hausse de la demande. La Chine reste boudée par les investisseurs en raison de la faiblesse persistante de sa consommation domestique mais le pays pourrait rebondir boursièrement puisque les nouvelles technologies d’IA restent au cœur des priorités de développement des autorités chinoises et que les exportations de composants et produits chinois vers les pays développés sont très soutenues, bénéficiant directement d’une croissance mondiale robuste.

Les actions japonaises en hausse de +35% sur le trimestre (Nikkei 225 en euros) continuent de se démarquer au sein des pays développés portées par les équipementiers électroniques et autres acteurs de la chaine des semi-conducteurs. Les entreprises exportatrices japonaises bénéficient par ailleurs d’une devise fortement sous-évaluée par rapport au dollar.

Les actions européennes pénalisées au premier trimestre par le surcoût énergétique ont connu un rebond grâce à l’apaisement de la situation au Moyen-Orient. Elles sont en hausse de 10% (Stoxx Europe 600 en euros) ce trimestre. Cette performance reste néanmoins très concentrée en termes sectoriels.

La technologie (+33%) portée par les semiconducteurs, les valeurs industrielles (+12%) indirectement exposées aux investissements d’IA, ainsi que les banques (+21%) qui bénéficient de la forte augmentation des fusions-acquisitions et des introductions en bourse surperformant nettement l’indice généraliste. A court terme la normalisation du prix de l’énergie et la baisse de l’euro devraient constituer des facteurs de soutien aux actions européennes avant un possible retour de la volatilité notamment dans la perspective de l’élection présidentielle en France. Aux Etats-Unis, le déploiement de l’IA soutient toujours la croissance des bénéfices à travers l’ensemble des secteurs économiques, y compris les banques stimulées par l’activité sur les marchés de capitaux. Sur le trimestre, l’indice S&P 500 était en hausse de 16% (en euros) et le niveau de valorisation des actions américaines est proche des points hauts (21x les bénéfices 2026). Leur performance sera donc plus directement liée aux progressions des bénéfices qui continuent d’être révisés positivement en amont de la saison de publication du deuxième trimestre débutant mi-juillet. Après une saison de résultats parmi les plus solides au premier trimestre (85% des entreprises ont dépassé les prévisions du consensus, soit le taux le plus élevé depuis 2021), les analystes s’attendent à une croissance des bénéfices par actions en hausse de 22% sur ce dernier trimestre. Alors que les entreprises exposées à l’IA contribuent pour plus de la moitié à la croissance bénéficiaire américaine, l’attention des investisseurs se portera sur les perspectives de rentabilité des investissements budgétés, alors que les hyperscalers entament une guerre des prix, mais aussi sur les gains potentiels de productivité liés à cette nouvelle technologie sur les autres secteurs d’activité tels que les financières, la santé ou encore le commerce en ligne.

Les marchés obligataires mondiaux n’ont pas affiché de tendance claire au deuxième trimestre, les investisseurs évaluant l’impact de la volatilité des prix de l’énergie sur l’inflation et la croissance. Cela étant, le marché du crédit reste très résilient. Outre l’attractivité des rendements sur la classe d’actifs, l’appétit des investisseurs s’explique par la solidité des résultats et la qualité bilancielle des entreprises ce qui se traduit par des niveaux de spreads serrés et une performance positive de l’indice Global Aggregate (+2,6%) ce trimestre. La perspective de politiques monétaires moins restrictives de la part des banques centrales émergentes et une inflation restant contenue, a soutenu la performance des obligations émises par les pays émergents, qui ont progressé de 5% sur la période et offrent toujours un rendement proche de 6,85% (indice JPM GBI-EM).

L’or a reculé de 11% ce trimestre à 4100 dollars l’once, après avoir frôlé les 5300 dollars l’once fin janvier 2026, dans un contexte de réappréciation du dollar et alors que Kevin Warsh, le nouveau directeur de la Réserve Fédérale Américaine (Fed) réaffirmait sa volonté de maintenir la stabilité des prix, laissant présager de hausses à venir des taux directeurs. Cette contreperformance ne remet cependant pas en cause l’intérêt en termes de diversification qu’offre le métal précieux. Les changements de pilotage de la politique monétaire de la Fed ont fait entrer les taux dans un nouveau régime de volatilité plus élevée. Les risques de débasement monétaire face à des dettes publiques qui ne cessent d’augmenter affaiblissent le rôle d’amortisseur traditionnellement joué par les obligations en cas de crise. En parallèle, les grandes banques centrales, notamment la banque centrale chinoise, profitent des niveaux de prix actuels pour continuer à renforcer leurs réserves de métal précieux et réduire leur exposition au dollar.

Source : Refinitiv, Crédit Mutuel Gestion

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