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Élections américaines de mi-mandat : quels impacts pour les marchés ?
Le 3 novembre prochain, les électeurs américains se rendront aux urnes pour les élections de mi-mandat. Ce scrutin capital intervient au milieu du mandat présidentiel de Donald Trump dont la faible popularité pénalise le camp républicain dans les sondages.
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Les élections de mi-mandat : mode d’emploi
Tous les deux ans, les Américains renouvellent le Congrès, l'organe législatif et budgétaire des États-Unis qui se compose de deux chambres :
- La Chambre des représentants, dont l’ensemble des 435 sièges sont remis en jeu.
- Le Sénat, dont un tiers des sièges (35 sur 100) est renouvelé.
Historiquement, ce scrutin fait office de test pour l’administration en place. Alors que l’action de Donald Trump est soutenue par moins de 40% des Américains, le vote pourrait fortement limiter sa marge de manœuvre pour la suite de son mandat.
L’équilibre des pouvoirs à Washington remis en jeu
Actuellement, le parti républicain de Donald Trump dispose d'une majorité très serrée :
- À la Chambre : 219 sièges pour les Républicains, contre 214 pour les Démocrates (2 sièges vacants).
- Au Sénat : 53 sièges républicains contre 47 pour le camp démocrate (indépendants inclus). Les Républicains n’atteignent pas les 60 voix nécessaires pour surmonter un blocage parlementaire (filibuster) sur la plupart des lois ordinaires. Les Démocrates devront gagner 4 sièges nets pour prendre la majorité.
Trois scénarios se dessinent :
- Victoire des Démocrates dans les deux chambres (> 60%, scénario central). Les sondages leur sont largement favorables et ces élections pénalisent traditionnellement le président en place.
- Congrès divisé : la Chambre bascule du côté démocrate mais le Sénat reste républicain (30%).
- Maintien de la majorité républicaine dans les deux chambres (peu probable, environ 10%).
Probabilité implicite des résultats aux élections américaines de mi-mandat 2026
Des changements limités dans l’orientation des politiques à court terme
En cas de statu quo républicain, l'agenda actuel sera renforcé (dérégulation, les énergies fossiles et le développement massif des infrastructures d’intelligence artificielle) et ouvrirait la voie à de nouvelles baisses d’impôts.
Avec un Congrès divisé ou démocrate, l’essentiel des réformes fiscales majeures serait bloqué. Pour autant, l'exécutif conservera néanmoins une forte capacité d'action via les décrets, le pouvoir réglementaire et les dispositifs d'urgence pour le commerce, l'immigration ou la politique étrangère. Le contournement d’un veto présidentiel (qui requiert la majorité des deux tiers dans les deux chambres) paraît improbable. Une Chambre démocrate pourrait en revanche d’une part multiplier les enquêtes parlementaires et examiner de plus près les décisions de l’exécutif. Une majorité rendrait juridiquement possible une procédure de destitution, mais celle-ci exigerait le vote des deux tiers du Sénat, un scénario hautement improbable. Elle pourrait d’autre part compliquer les négociations budgétaires, notamment autour des dépenses publiques et du plafond de la dette. Enfin, si les Démocrates contrôlent aussi le Sénat, cela pourrait peser sur les nominations présidentielles (Cour suprême, tribunaux, Réserve fédérale), approuvées à la majorité simple.
Le résultat des urnes pourrait donc modifier l'équilibre des pouvoirs, mais n'alignera pas immédiatement une nouvelle politique avec un cap susceptible de rester globalement inchangé.
Quels impacts pour les marchés ?
Une victoire démocrate étant déjà largement intégrée par les investisseurs, la réaction des marchés devrait être contenue.
L’effet direct sur la croissance devrait rester marginal : l’élan fiscal des baisses d’impôts s'atténue, et un Congrès divisé freinera toute nouvelle relance. À l’inverse, un maintien républicain soutiendrait davantage l’activité via de nouvelles baisses d’impôts, mais au prix de déficits plus élevés. Sur les taux, cela impliquerait une poursuite des pressions haussières sur les taux longs.
Dans tous les cas, la fin d'année s'annonce volatile en raison des tensions autour du déficit fédéral et du plafond de la dette : au-delà du résultat du 3 novembre, il faudra surveiller le projet de loi de réconciliation budgétaire ainsi que le calendrier de résolution du plafond de la dette. Un arrêt des activités gouvernementales pèserait temporairement sur l’activité et retarderait la publication de statistiques clés, la résolution provisoire actuelle arrivant à échéance le 11 décembre. Pour mémoire, un précédent similaire avait eu lieu fin 2018 : après la perte de la Chambre par les Républicains, le président Trump avait provoqué un shutdown1 en conditionnant son approbation du budget au financement du mur à la frontière mexicaine.
Sur le marché actions, les élections ne devraient avoir qu’un impact limité. Le renforcement du contrôle parlementaire sur la technologie, la santé et les banques pourrait générer de la volatilité ponctuelle, sans effet durable sur les fondamentaux. La tendance restera guidée par l’état d’avancement de la bulle tech, la dynamique des bénéfices par action et la politique de la Fed. Historiquement, les élections de mi-mandat ont été suivies d’une bonne orientation du marché : le S&P 5002 a gagné en moyenne 14% dans les six mois suivant le scrutin.
Pour le dollar, l’impact devrait être modéré : un Congrès divisé ou démocrate est largement intégré par le marché et la devise ne montre pas de schéma systématique autour des élections de mi-mandat. Une moindre expansion budgétaire est neutre à légèrement négative pour le dollar. À l’inverse, un Congrès faisant obstacle au président pourrait l’inciter à recourir davantage aux droits de douane, aux sanctions et aux décrets, ce qui peut soutenir ponctuellement la devise. À terme, la politique monétaire de la Fed3 restera le moteur principal du dollar.