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Conjoncture et marchés

Panorama économique

Le pic de la pandémie est-il enfin derrière nous ?

À l'heure où de nombreux pays ont mis en place des mesures de restriction des déplacements avec une accélération de la distribution des vaccins, les dernières statistiques montrent un ralentissement du nombre des contaminations sur la planète, plus particulièrement dans certaines zones géographiques (US, Royaume-Uni, Amérique Latine...).

Cela étant, seule une vaccination sur une large échelle de la population mondiale sera le facteur essentiel qui déterminera l'ampleur de la reprise économique des prochains trimestres. Si on devait fonder cette analyse uniquement sur la maîtrise du virus « original », il n'y aurait peu de doutes sur la capacité des laboratoires pharmaceutiques à délivrer suffisamment de doses avant l'été pour vacciner la partie de la population la plus fragile. Mais les mutations du virus, appelées variants, apparues au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil suscitent de nouvelles inquiétudes chez les épidémiologistes. En effet, les études actuelles sont insuffisantes pour démontrer la véritable efficacité des présents vaccins contre ces nouvelles souches. Néanmoins, même s'il faut quelques semaines supplémentaires pour s'assurer d'une parade suffisante contre ces nouveaux variants, l'accélération d'une vaccination de masse devrait commencer à porter ses fruits sur le plan sanitaire. Les analyses en provenance d'Israël, qui a vacciné presque 50% de sa population, sont rassurantes. Elles démontrent un net repli des cas les plus graves au sein de sa population la plus âgée, ce qui est le premier objectif recherché. Il est fort probable qu'il en soit de même dans la plupart des autres pays.

Néanmoins, il se peut que les statistiques économiques soient décevantes à court terme. En effet, les mesures prises par les autorités politiques (restriction des déplacements, couvre-feux, fermetures d'activités ne permettant pas de distanciation sociale...) vont encore peser sur les « affaires » au premier trimestre. Dans cette hypothèse, il est probable que la zone euro soit en récession technique (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB) en ce début d'année, alors que l'Asie et les États-Unis devraient mieux résister.

Un rebond de l'activité économique puissant ?

Par la suite, la situation économique devrait sensiblement s'améliorer dans le courant du printemps. Le repli attendu des hospitalisations pour cas grave liées à la Covid-19 justifiera alors une libéralisation progressive de la vie économique et sociale. À l'image de ce qui s'est passé l'année dernière en Europe après le premier confinement ou en Chine, le rebond de l'activité pourrait être puissant. Les consommateurs vont souhaiter utiliser une partie de leur épargne conséquente. Les industriels vont s'atteler dans un premier temps à reconstituer leurs stocks afin de pouvoir faire face à un surcroît de demande. Il faudra également prendre en compte la poursuite des plans de relance qui vont se concrétiser des deux côtés de l'Atlantique. En Amérique du nord, l'administration démocrate souhaite faire valider dans les plus brefs délais un programme de dépenses publiques de 1 900 Mds $. La moitié de cet argent ira dans la poche des ménages américains, dont certains se verront remettre directement un chèque de 1 400 $ de la part du trésor. En Europe, au-delà des mesures nationales, c'est un plan d'investissement de 750 Mds €, en partie dans les secteurs de l'environnement et de la digitalisation, qui va se concrétiser pendant l'été. Dans ces conditions, les experts du FMI se montrent optimistes, et révisent même à la hausse leurs prévisions de production en 2021, qui devrait progresser de +5,5% dans le monde. La dynamique économique se poursuivrait en 2022 avec une croissance en hausse de +4,2%.

Évolutions et prévisions de la croissance selon les principales zones géographiques
Évolutions et prévisions de la croissance selon les principales zones géographiques (Source : FMI - janvier 2021).

Le débat sur l'inflation est vif.

En parallèle d'un redressement du contexte économique, l'inflation semble sur le point de remonter sensiblement. En effet, les bases de comparaison sont particulièrement favorables pour anticiper un tel mouvement. C'est ainsi que les cours du pétrole, qui s'étaient effondrés au printemps dernier, se redressent vigoureusement. Il en est de même pour toutes les matières premières industrielles qui profitent pleinement de la fermeté de l'économie chinoise. Mais d'autres éléments participent également à la hausse des prix des produits utilisés en amont dans les chaines de production : il s'agit des coûts supplémentaires dans le transport, ceux liés aux conditions sanitaires ou à de nouvelles règles d'environnement (taxe carbone), voire à de véritables ruptures dans les chaines d'approvisionnement comme cela se passe actuellement pour les microcontrôleurs. Une situation qu'il conviendra d'analyser avec précision, afin de savoir si cela se traduira par un repli des marges des entreprises ou par une reprise plus structurelle de l'inflation. Tous les débats sont ouverts sur ce sujet...

Sous-indice ISM des prix payés et évolution des prix à la production
Sous-indice ISM des prix payés et évolution des prix à la production (Source : Exane BNP - février 2021).

Marchés Financiers

Des signaux convergents pour les marchés

La « reflation » s'affirme aujourd'hui comme le scénario de base pour les marchés financiers l'année 2021. Celui-ci s'appuie sur deux éléments fondamentaux :

  • Un déroulement en bon ordre et rapide des stratégies de vaccination dans les différents pays. Au-delà du retard affiché par les pays de l'Union européenne, il s'avère que l'évolution est satisfaisante pour le reste du monde développé et asiatique, devant aboutir à un début de normalisation progressive de l'activité économique vers le printemps.
  • Des politiques économiques actives en soutien. Le futur et probable plan de relance américain de 1900 milliards de $ représente un engagement supplémentaire de près de 10% du PIB ! Il illustre de manière rassurante la coordination désormais sans faille entre l'Économie et le Politique et devrait favoriser un retour de l'économie US vers son potentiel de croissance de long terme. Le plan de relance européen se profile aussi pour accélérer la reprise sur le vieux continent.

À court terme, les incertitudes liées aux différents variants du virus, notamment leur diffusion et l'efficacité des vaccins existants à leur encontre, peuvent générer de la volatilité sur les marchés financiers comme nous avons pu le constater fin janvier. Mais le retour rapide sur les points hauts de mi-janvier illustre l'appétit pour les actifs risqués et la volonté de voir au-delà de ces décalages de calendrier sanitaire.

Un environnement toujours favorable aux actifs risqués
Un environnement toujours favorable aux actifs risqués.

Un environnement toujours favorable aux actifs risqués.

Dans cet environnement de redressement économique et de liquidités toujours abondantes, nous privilégions toujours les actions. Les communications des sociétés au sujet de leurs résultats publiés jusqu'à présent confirment d'une part que le choc 2020 a été globalement bien amorti (hormis sur les secteurs les plus exposés) et d'autre part que les perspectives 2021 sont favorables. Le taux de croissance attendu des résultats pour l'indice MSCI World ressort ainsi à +30% pour 2021.

Nous renforçons nos allocations en actions

Au sein de cet environnement de resynchronisation globale des économies, la zone Asie se distingue dans la mesure où le taux de croissance attendue pour l'année en cours est le plus élevé et bénéficie même de révisions en hausse. Plus globalement, les marchés actions des pays émergents sont bien positionnés tant en termes de perspectives de hausse des résultats que de valorisation. Ils tirent également profit de la faiblesse du dollar, tendance à laquelle nous adhérons toujours, et de la hausse des matières premières. Nous renforçons ainsi nos positions dans cette classe d'actifs.

Nous complétons également les allocations en actions internationales au travers de thématiques qui s'appuient sur des tendances structurelles identifiées et amplifiées par la crise actuelle (innovation technologique et marques leaders).

Par ailleurs, la tendance à la hausse des taux d'intérêt long terme se confirme comme illustré pour les taux américains dans le graphique ci-dessous :

taux américains
Taux d'intérêts long terme américains

Ce mouvement s'interprète comme la validation d'un scénario d'accélération de l'inflation au-delà des effets de base liés au fort ralentissement du printemps dernier. Si une éventuelle confirmation de cette évolution constitue une interrogation majeure pour notre allocation d'actifs à l'horizon 2022, il nous amène dans l'immédiat à demeurer prudent sur le positionnement obligataire en termes de duration. Aussi, dans ce domaine, nos investissements se conçoivent également sous un angle constructif et privilégient les compartiments les plus dynamiques en fonction des profils de gestion : obligations haut rendement, obligations émergentes, ou convertibles plus particulièrement