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Flash marchés. 09 Mars 2020

Nouvelle baisse sur les marchés financiers - 09 Mars 2020

Depuis plusieurs semaines, la propagation du coronavirus vient brutalement inverser la tendance à la fois sur la dynamique de croissance, qui avait commencé à rebondir avec la dissipation des risques politiques (protectionnisme et Brexit) et sur le prix des actifs. L'aggravation de l'épidémie signifie que son effet sur la croissance sera plus important qu'initialement estimé puisque c'est dorénavant toute la planète et l'ensemble des moteurs de la croissance qui vont être lourdement pénalisés. À ce titre, notons que la décision inattendue du 6 mars de l'OPEP+ d'arrêter les coupes de production a déclenché une chute brutale des cours du pétrole, ce qui accroit très sensiblement le risque de défaut des entreprises du secteur (notamment aux États-Unis) mais impactera positivement le pouvoir d'achat des ménages. La consommation lorsque les mesures de confinement cesseront, constituera le levier le plus puissant pour permettre un rebond de la croissance en 2ème partie d'année. En plus des craintes croissantes quant à la capacité du cycle économique à résister, les marchés financiers ont réintégré brutalement un assouplissement monétaire d'ampleur. La Fed a déjà pris les devants le 3 mars en abaissant de 50 pb ses taux directeurs et d'autres baisses suivront alors qu'une nouvelle vague d'assouplissement monétaire dans les autres zones est également attendue mais pourrait prendre des formes différentes et plus ciblées sur la liquidité, compte tenu de marges de manoeuvre plus limitées concernant les taux directeurs. En zone euro, la BCE devrait en effet privilégier les outils non conventionnels et notamment assurer des conditions de financement les plus favorables possibles aux entreprises les plus fragiles afin d'éviter le risque de faillites en cascade. Les États prennent eux aussi de nombreuses mesures budgétaires et fiscales en urgence afin de contenir cette menace, bien que pour l'heure aucun plan de relance d'ampleur ne soit envisagé, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. L'aversion au risque pourra décliner lorsqu'il sera possible de tabler, avec suffisamment de visibilité, sur une amélioration sanitaire afin que les mesures drastiques prises puissent être progressivement levées.

Double peine sur les marchés d'actions.

Comme nous l'avions évoqué la semaine dernière, le développement du corona virus en dehors de la Chine, et plus précisément au sein des pays occidentaux, a lourdement affecté toutes les places financières. Celles-ci affichant une perte moyenne supérieure à 15% par rapport à leur plus haut de l'année en l'espace de quelques séances.

Mais en plus d'une crise sanitaire, vient de surgir ce week-end une crise pétrolière. La décision de l'Arabie-Saoudite de « brader » son pétrole a entrainé un nouveau fort repli de tous les indices (-7% à ce jour sur l'Europe), qui rappelle ce que les opérateurs de marchés ont déjà vécu en 2015/2016.

Initié par la pandémie, le risque de fort ralentissement de la croissance mondiale pourrait devenir une réalité, avec un degré élevé de potentielle récession pour certains pays comme le Japon, l'Italie ou l'Allemagne. Les États-Unis, leader en matière de pétrole de schiste, ne seront pas épargnés non plus. Les investisseurs tentent d'évaluer le coût économique de ces deux crises. Un repli de 20 à 25% des indices est alors cohérent avec une séquence délicate sur le plan économique au premier semestre, avant une reprise progressive dans la seconde partie de l'année.

Dans l'hypothèse de ce scénario, nous avions légèrement augmenté la pondération des actions au sein de tous nos portefeuilles la semaine dernière.

Nous ne remettons pas en cause ce mouvement qui doit s'apprécier dans la durée.

À ce jour, nous maintenons l'ensemble de nos positions sur les décisions prises lors de l'allocation d'actifs du 26 février. Il est encore trop tôt pour afficher une posture plus agressive sur les marchés. Ceux-ci vont demeurer en effet particulièrement volatils dans les prochaines semaines, et soumis à des variables psychologiques parfois difficilement quantifiables.

Nous restons cependant dans une vision constructive, dans l'attente d'informations complémentaires sur l'évolution de la pandémie et des réactions du marché américain, qui sera le principal concerné par la forte baisse des cours du brut.